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Biographie

Né à Bogotà en Colombie, Omar Porras se forme à la danse et au théâtre au cours de diverses expériences artistiques.

À Paris, il suit des cours à la Sorbonne, travaille à la Cartoucherie de Vincennes ; à Pontedera (Italie), il fréquente le Work Center de Grotowski. Au cours de ces années d’apprentissage, où il se consacre avec succès au théâtre de rue, il accumule un savoir pratique et théorique qu’il continuera de développer. C’est en 1990 qu’il fonde à Genève le Teatro Malandro, centre de création, de formation et de recherche où il développe une démarche créative très personnelle. Sa technique théâtrale, axée sur le corps du comédien, sa projection dans l’espace et l’utilisation de masques, s’inspire à la fois de la tradition occidentale comme la biomécanique et orientale (théâtres balinais, indien et japonais).

Mises en scènes 

D’Ubu Roi (Le Garage - Genève, 1991) aux Fourberies de Scapin  (création au Théâtre de Carouge-Ateliers de Genève, 2009), Omar Porras mêle l’art de l’acteur, de la marionnette, la danse et la musique ; il place le mouvement au centre de ses recherches théâtrales, dans un travail d’harmonisation entre l’acte et la parole.
Dès ses débuts, le metteur en scène se tourne vers les grands textes, en explorant aussi bien les auteurs du passé – Faust de Marlowe (1993), Othello de Shakespeare (Comédie de Genève, 1995), Les Bakkhantes d’Euripide (2000), Ay! QuiXote d’après Cervantès (Théâtre de Vidy – Lausanne, 2001) et aussi Pedro et le Commandeur de Lope de Vega (Comédie Française-Paris, 2006), Maître Puntila et son valet Matti de Bertolt Brecht (Théâtre Forum Meyrin, avril 2007) – que les modernes et les contemporains – La Visite de la vieille dame de Friedrich Dürrenmatt (1993 et 2004), Strip-tease de Slawomir Mrozek, Noces de sang de García Lorca (1997). Il a signé la mise en scène d'El Don Juan d'après Tirso de Molina en japonais avec la troupe jaopnaise du SPAC au Shizuoka Performing Art Center. Sa dernière création, autour de la figure historique de Simon Bolivar, célèbre en 2010 le bicentenaire de l'indépendance et les 20 ans de la Compagnie. A l'occasion du World Theater Festival under Mt. Fuji 2011 qui se déroule à Shizuoka, Omar Porras présente Solo Bolivar, un solo qu'il interprète accompagné sur scène de quatre comédiens-chanteurs japonais. En 2011-2012, Omar Porras signe deux nouvelles créations avec le Teatro Malandro: L'éveil du printemps d'après Frank Wedekind et une collaboration avec la Compagnie de danse Alias: Les Cabots.

S’il est fondé sur le texte, le théâtre d’Omar Porras ne se met pas pour autant servilement à son service : l’adaptation joue un rôle central dans le processus de création du Teatro Malandro. Le texte, pour être l’objet de libres explorations de la part des comédiens et du metteur en scène, doit s’émanciper de tout carcan littéraire et s’ouvrir à l’improvisation, désacralisant la lettre pour mieux jurer fidélité à l’acte théâtral.

Acteur

En tant qu’acteur, Omar Porras a joué dans plusieurs de ses créations, ainsi que sous la direction de Claude Stratz dans Ce soir on improvise de Pirandello (1999), où il interprète avec panache le rôle du metteur en scène Hinkfuss.

Spectacles musicaux et Opéras

Ses compétences musicales et l’importance de l’univers sonore dans ses spectacles l’ont aussi conduit à mettre en scène des spectacles musicaux tels que Alas pa’ volar avec Angélique Ionatos, qui rend hommage à la vie et à l'œuvre de Frida Kahlo (Théâtre Forum Meyrin, Théâtre de la Ville - Paris, 2003), et L’Histoire du soldat d’Igor Stravinsky et de Charles Ferdinand Ramuz (Théâtre Am Stram Gram - Genève, 2003 ; Théâtre de la Ville - Paris, 2004).
En 2006, dans le prolongement de ces premières incursions musicales, Omar Porras aborde l’univers de l’Opéra en mettant en scène deux œuvres : L’Elixir d’amour de Donizetti à l’Opéra national de Lorraine (tournée à l’Opéra de Rennes, au Théâtre de Caen, au Grand Théâtre de Reims et à l’Opéra National de Bordeaux) et Le Barbier de Séville de Paisiello au Théâtre Royal de la Monnaie à Bruxelles, repris à l’Opéra de Lausanne en 2007. En 2007 il est invité par le Grand Théâtre de Genève pour mettre en scène La Flûte enchantée de Mozart. Il a récemment crée La Périchole d'Offenbach au Théâtre du Capitole de Toulouse, reprise à l'Opéra National de Bordeaux et à l'Opéra de Lausanne. A l'opéra de Lausanne, il signe en 2011, la mise en scène de La Grande Duchesse de Gérolstein d'Offenbach.

Formation

Parallèlement à ses mises en scène, Omar Porras a organisé et dirigé plusieurs ateliers qui permettent aux comédiens de développer le travail de l’acteur et du jeu masqué, ainsi que la conscience du geste dans un dessein plus large qui vise une théâtralité organique. Que ce soit auprès de l’E.S.A.D. en 2001 et 2002 (Ecole supérieure d’art dramatique de Genève), à l’Atelier de Paris Carolyn Carlson (2003 et 2006 et 2009) ou à la Haute Ecole de Théâtre de Suisse Romande (Lausanne), Omar Porras est en perpétuelle recherche avec les comédiens, dans une relation de réciprocité qui nourrit aussi bien l’enseigné que l’enseignant.

Prix

Parmi les distinctions reçues, La Visite de la vieille dame de Friedrich Dürrenmatt a été primée par le Prix Romand des Spectacles Indépendants en 1994. Pedro et le commandeur de Lope de Vega a été nommé dans la catégorie «Meilleur spectacle public» ainsi que pour la « Meilleure adaptation » aux Molières 2007. Enfin, Omar Porras est désigné pour la deuxième fois comme Candidat au Prix Europe Nouvelles Réalités Théâtrales avec le soutien de l'Union Européenne.
La Colombie a souhaité honorer Omar Porras en lui décernant l'Ordre National du Mérite en 2007 ainsi que la Médaille du Mérite Culturel en 2008. Le 12 décembre 2007, une convention signée par la ville et l'Etat de Genève, la ville de Meyrin et Pro Helvetia permet à la compagnie du Teatro Malandro de poursuivre ses activités futures.